Planifier des forêts urbaines résilientes

Une équipe de recherche souhaite protéger nos forêts urbaines en rendant accessible la science aux municipalités.

Une simple promenade en ville permet d’apprécier la présence des arbres. Ils nous procurent de la fraîcheur, abritent et nourrissent une panoplie d’insectes et d’animaux et, somme toute, embellissent nos villes. Pourtant, ces précieuses forêts urbaines ne doivent pas être tenues pour acquises. Changements climatiques, insectes ravageurs, intempéries, pollution atmosphérique et étalement urbain sont autant de facteurs qui les menacent.

Pendant longtemps, les plantations urbaines ont été guidées par des critères d’esthétisme, d’accessibilité et de valeur financière, créant des forêts homogènes et vulnérables.

Avec le projet SylvCiT, l’équipe de recherche de Marie-Jean Meurs propose un outil qui permet aux responsables municipaux d’analyser leur forêt avec une approche innovante centrée sur la biodiversité fonctionnelle. La prise de décision peut ainsi s’appuyer sur recommandations permettant d’augmenter la résilience de leurs forêts, c’est-à-dire leur capacité à faire face aux changements.

Si cette méthode est prometteuse, elle n’en demeure pas moins complexe car elle nécessite beaucoup de ressources et de données d’inventaire. Une plateforme facile d’utilisation est donc cruciale pour permettre aux responsables municipaux d’analyser l’état actuel de leurs forêts urbaines. SylvCiT est un outil qui permet de simuler différents scénarios de plantation en évaluant plusieurs indicateurs.

Marie-Jean Meurs est professeure au Département d’informatique de la Faculté des sciences de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle cotitulaire de la Chaire de recherche du Québec -Découvrabilité des contenus scientifiques en français. Crédit photo : UQAM

« Créer des forêts urbaines capables de résister aux intempéries et aux parasites tout en maximisant leurs bienfaits écologiques représente un défi complexe pour les municipalités québécoises. SylvCiT permet une analyse unifiée de la forêt de toute une municipalité ou d’une zone spécifique, évaluant l’état actuel de plusieurs données telles que sa diversité fonctionnelle, sa richesse spécifique ou encore sa valeur de stockage du carbone », explique Marie-Jean Meurs, responsable du programme.

Au cœur de la plateforme se trouve un système d’intelligence artificielle qui suggère les meilleures espèces à planter selon les priorités établies. Ces recommandations reposent sur des algorithmes d’apprentissage automatique entraînés sur les grappes Béluga et Narval de Calcul Québec. La plateforme permet également de simuler les bienfaits qu’apporterait chaque scénario de plantation envisagé.

« Grâce aux infrastructures de Calcul Québec et de l’Alliance de recherche numérique du Canada, le temps d’entraînement de nos modèles est considérablement réduit. Cela nous permet de tester de nombreux jeux d’hyperparamètres, de traiter des ensembles volumineux de données et d’améliorer à la fois la performance du logiciel et la rigueur expérimentale », souligne Marie-Jean Meurs.

Les ressources fédérées et le soutien des analystes de Calcul Québec permettent également de maintenir la plateforme SylvCiT, offrant un outil accessible et évolutif pour la planification des forêts urbaines du Québec.

 

SylvCiT (http://sylvcit.ca) est un logiciel libre, gratuit, accessible sur le web. Il a été développé avec le soutien d’Hydro-Québec, des Fonds de recherche du Québec, de la Chaire ArbrenVil et de plusieurs municipalités du Québec. Les ressources informatiques sont fournies par l’Alliance de recherche numérique du Canada et Calcul Québec.

Pour aller plus loins, consulter l’article SylvCiT – An IA based support to urban forest resilience

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